A la découverte de Trossingen

WHF 2009 à Trossingen

Dés la fin des années 90, le très peu d’informations Internet concernant l’harmonica ont permis au jeune novice que j’étais de découvrir l’existence du Festival Mondial d’harmonica (Merci Jean Labre). Au premier abord l’Allemagne paraissait un peu loin mais l’idée d’un endroit qui attire les plus grandes pointures de cet instrument faisait plutôt envie… Ce qui choquait plus était l’idée que des amateurs s’opposent dans un championnat du monde; chose que je voyais plus pour des candidats à une profession en besoin de reconnaissance, là où la concurrence est parfois rude dans une société qui ne ménage pas toujours la culture…

L’idée d’opposition a toujours un côté décalé par rapport à l’image de ce qu’évoque cet instrument, qui quelque part, est un prolongement de la personne qui respire dedans…ce côté très humain… suis-je naïf de vouloir le croire ?

 

Et pourtant cette année j’y suis enfin allé, non pas pour avoir changé d’avis mais parce que à force de stages, de festivals, d’un réseau de connaissance de plus en plus large : force était de constater que c’était encore l’endroit où j’avais le plus de chance de retrouver une forte concentration de vrais passionnés, pour la plupart des copains mais issus de tous pays, réunis…comme en famille !

J’avais réservé la semaine, Alain Chaulet m’avait gardé une place de couchage à Trossingen sur le lieu même de tous les « Bœufs », à dix mètres du « Kesselhaus »  dans un bâtiment de l’ancienne fabrique d’harmonicas. Le rêve, merci merci merci !!!...

Mais des exigences professionnelles m’ont fait rater les trois premier jours et la quasi intégralité des compétitions (dont seul le côté harmonica bien joué m’attirait), des classes de maître auxquelles je me faisais joie de participer (Howard Levy…). J’ai donc pris ma petite voiture le Vendredi soir après une journée épuisante de travail pour effectuer, sans excès de vitesse, 670km en 6h30 ponctuée d’une courte pause essence ! Etait–ce imprudent ? Le côté incroyable dans tout cela est que la surexcitation a rechargé mes ressources à 200%. Pas le moindre signe de fatigue pendant tout le voyage où j’étais en hyperéveil !

L’arrivée en Allemagne, une première pour moi, était déjà magique: la forêt noire dans la nuit noire, les chalets éclairés et autres auberges qui ressortaient dans la nuit me donnant l’impression d’entrer dans une carte postale…

J’arrive juste devant la porte de la salle de concert m’attendant à devoir tourner pour trouver une place et à ma grande surprise, il est très facile de s’y garer ! J’entre dans le bâtiment, sans « pass » m’attendant à me faire intercepter et là encore opération porte ouverte, on me laisse monter à la salle sans problème 1h avant la fin du concert de Jerry Portnoy. Je manque alors de me prendre la porte dans la figure et qui me la tient ?... Carlos Del Junco (l’un des meilleurs joueurs de diatonique de la planète) que je venais de recroiser une semaine avant à Condat sur Vienne… Le bonheur !

A la fin du concert, Alain me montre pour manger sur place. Je alors tombe nez à nez avec un bon copain espagnol pas vu depuis 2 ans. Alain me montre ensuite la chambre où mes co-locataires m’avaient patiemment attendus, quoique fatigués par le côté intensif du festival depuis 3 jours.

Je croyais la soirée presque terminée mais en réalité elle a duré jusque 3h du matin dans une grande « Jam session » encadrée par Steve Baker. Entre nous j’ai regretté de ne pas voir plus de chromatique dans le bœuf… J’y ai retrouvé mes amis français, suisses (dont BonnyB avec qui j’ai poussé quelques notes dans une pièce hors scène), espagnols, belges, hollandais et même un québécois de Montréal (Nicolas Piguet) qui avait concouru au solo Diatonique Blues etc…

Le samedi il était très facile de s’y retrouver entre les différentes classes de maître mais alors impossible d’entrer sans badge comme le soir au concert. La confrontation des visions était très amusante, mais à mon avis tout le monde a raison dans sa manière de présenter l’harmonica et ses approches… y a-t-il de vrais règles ?… Ne faut il pas rester le plus ouvert possible du moment que la finalité soit constructive et positive ?!?... Ce qui est plus difficile sur place est de faire des choix sur ce que l’on veut y faire tant il y a d’opportunités ; le mieux est de préparer son séjour… J’ai tout juste pu trouver le temps de visiter le musée de l’harmonica avant mon départ le Dimanche soir en compagnie de Christelle et de sympathiser avec une bénévole locale qui tenait l’entrée …

Finalement Joe Filisko lui-même dans son concert de charité l’a très bien dit : La famille des passionnés était réunie et c’est bien ce que le novice lambda de Trossingen que je représentais a ressenti… Finalement, et ce sera ma conclusion : mon plus grand regret est d’imaginer le nombre de réunions qui n’arrive que tous les 4 ans et que j’ai raté, un peu par inconscience… En réalité ce n’est pas tout à fait vrai, Trossingen accueille les passionnés…tous les ans à cette époque !  Alors, à l’année prochaine ?

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