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06/06/2009: Le festival St Aignan 2009 : Un très grand cru…

Il est difficile de résumer en quelques mots quatre jours qui resteront assurément gravés parmi les meilleurs moments de vie de musiciens, d’amateur ou encore d’amoureux de l’harmonica. Les absents  m’excuseront sans doute pour les regrets que je pourrai susciter chez eux… Le côté positif étant qu’ils feront un jour des pieds et des mains pour ne plus jamais rater un tel événement, pour peu qu’il se reproduise… Preuve en est ceux qui, le cœur lourd, ont fait leurs adieux le dimanche jusqu’à trois reprises pour à chaque fois réapparaître quelques minutes après avec une nouvelle excuse, afin de retarder le moment du départ, qui est souvent aussi celui où l’on tourne la page pour de nouvelles expériences… Hein Paul ?!... Bon d’accord, moi même je devais partir tôt le matin et j’ai fais mes adieux le soir à 20h le cœur serré. Christophe Minier m’encourageait d’ailleurs à rester une nuit supplémentaire mais mon patron n’aurait pas compris…

Ce n’était pourtant pas faute d’avoir prévenu dans un précédent article. Ce festival promettait d’être grandiose mais à la fois poignant, car il planait dans l’air comme l’annonce d’un bouquet final, l’arrêt subit d’un festival qui ne mérite vraiment pas ça, pas comme ça… comme les sportifs qui décident d’arrêter au sommet de la gloire avant que leurs ressources ne les lâchent. Pourtant ce festival n’a pas de sommet…les sommets il les invente ! Cette année encore mieux que les années passées et sans doute moins bien que la prochaine fois si il y a…

  Côté concerts, les temps fort du festival ont été :

Le concert de Michel Herblin, entouré de musiciens parmi les meilleurs de France à commencer par le célébrissime André Ceccarelli à la batterie dont le jeu de cymbales a émerveillé mes sens. Un concert riche des magnifiques mélodies de Michel (et une de l’accordéoniste Christian Toucas à voir absolument), riche de l’humour de Michel à bonne dose, du fou rire du bassiste Nicolas Mirande (le micro mis volontairement sous le nez pour amplifier un effet communicatif assuré). Ce bassiste nous a joué au passage quelques solos de haut vol comme j’en ai rarement entendu à la basse dans les très nombreux concerts auxquels j’ai assisté jusque là.

P1180565Le concert de Vincent Bucher avec le malien Pedro Kouyaté a été très fort aussi. Il planait déjà un petit vent d’Afrique avec la collecte d’harmonica organisée et les affiches en soutien à l’école de Jean Dagba, qui aurait été heureux de pouvoir venir; sans oublier le très beau film de la femme de Pedro sur le Mali et ses musiciens projeté à la prévôté et conclu par le témoignage passionnant de Pedro Kouyaté… Je vous encourage d’ailleurs à regarder le DVD qui passionnera sans nul doute toute personne doué d’une sensibilité musicale… Le concert fût réellement impressionnant, vrai, spontané, magique et profond, au point ou Christophe Minier a du l’interrompre tant personne ne voulait qu’il s’arrête… mais c’était pour laisser la place au légendaire groupe « Nine below zero » qui venait juste d’atterrir et à du faire sa balance en catastrophe à la pause, mais nous a  mis « une grosse claque » genre prenez en de la graine ! Je comprends aisément aujourd’hui pourquoi ils sont si populaires.  

Le concert de Lavach’ avec Manu (Emmanuel Bosser) était dans un style très varié inhabituel avec beaucoup de traditionnel des pays de l’est, encore de bons musiciens, de la fantaisie, le tout géré par Sévane l’accordéoniste chanteuse à la très belle voix…de l’horlogerie fine ce concert avec plusieurs ovations debout (comme pour Pedro le Samedi). Manu joue du diatonique et du chromatique mais aussi d’autres instruments dont un ressemblant au Sheng…ah si ! j’oubliais : du canard de bain aussi ! Dans la musique tout est bon tant que cela touche les cœurs, même les casseroles pourvu qu’elles soient à propos et sonnent bien…

Il s’agissait là des concerts dans la grande salle de spectacle, car la salle de la prévôté bâtie en vielles pierres, au plafond fait de superbes voûtes, aménagée pour l’occasion en exposition photo retraçant les moments forts du festival depuis ses origines à aussi accueilli les concerts totalement acoustique… du pure et sans artifices !  S’y sont déroulés les concerts à guichet fermé de Bruno Rouillé qui devrait intéresser de nombreux membres amateurs de Basse, Chromatique, Chord et que je vois comme un vrai espoir dans la re-popularisation de ces familles d’harmonicas auprès des plus jeunes, autour de répertoires actualisés plus inattendus, et malheureusement trop peu explorés avec ce style d’instruments…

Le concert acoustique de Sévane et Manu (sans le groupe Lavach’) et enfin celui de Nicolas Bacchus accompagné par Damien Tartamella, Michel Herblin et une excellente violoncelliste, ont eu pour point commun de rendre une salle hilare à s’en décrocher la mâchoire et je passe les détails... preuve que la musique sans être trop sérieuse peut néanmoins être riche, belle et produire ses plus beaux effets.

Il y en a eu pour tous les goûts et le plus positivement possible. Les seuls points un peu négatifs ont été selon moi deux ou trois balances qui n’ont pas été assez bien préparées. Marko Balland dont on avait peine à entendre la voix et l’harmonicas sauf avec des bouchons dans les oreilles, nous a joué son CD qui est pourtant très bien avec de bons équilibres...

Je ne parle pas de Kwak, ce très bon groupe de chanson française, Pop et Rock Festif, que l’on voit dans tous les festivals, à classer volontiers parmi d’autres dont les plus jeunes sont fan (Tryo, Miro etc…). Ils démarrent ce jour une seconde tournée en Inde, avec Damien Tartamella au diatonique (qu’il sait jouer Chromatique).

Il y avait enfin Gutpuppet avec Bill Barett au Chromatique et à l’harmonetta et Scot Ray aux guitares « slide », l’une étant indienne avec 22 cordes dont la sonorité était magique. Ils nous ont joué des musiques que l’on adore ou que l’on déteste pour son côté expérimental. J’ai adoré...

  Les concerts du soir étaient suivis du traditionnel Bœuf dans un bar au bord du Cher, encadré par un groupe avec des cuivres très bons, qui plaçaient la barre assez haut mais qui n’a pas découragé les habitués. Le plaisir de jouer ensemble de s’adapter au plus faible quitte à le hisser jusqu’où il n’aurait pas imaginé, pourvu que personne ne soit exclus…Tolérance ! Des bœufs spontanés aussi en journée: Sébastien Delcroix débarquant de Reims, amateur excellent au chromatique, très bon au diato qui s’est vite attiré la sympathie de figures de l’harmonica en France. Et ce moment d’anthologie où l’harmoniciste Australien Barefoot Iano, qui ajoute beaucoup aux charmes du festival, a joué « Les feuilles mortes » pour la patronne du bar qui nous accueillait, avec l’intervention très bien dosée de Philippe Pellard ; Iano a fait monter les larmes aux yeux de nôtre hôte…c’était touchant pour tout le monde…

  Il y a eu aussi trois ateliers bien suivis dont deux de Paul Lassey sur la rythmique et l’improvisation et sur « Band in a box » ainsi qu’un atelier de Bill Barett sur la manière de penser chromatiquement sur un harmonica diatonique.

  Pour résumer ce festival d’un point de vue général, le livre de photos qui est sorti est un beau témoignage… je me permettrai de citer quelques membres éminents dont Laurent Vigouroux (Planet harmonica) qui écrivait sur Harmonicaland : « ce qui définit le mieux le festival à mon avis. Les rencontres et retrouvailles. C'est clairement la qualité humaine des organisateurs qui rejaillit sur les participants et rend le moment unique. Un vrai mélange: de pros et d'amateurs, de jeunes et moins jeunes, de styles de musique complètement différents, tous ensemble sans barrière d'aucune sorte. » ou encore Patrice Leclerc : « Le monde artistique est souvent fait de petits mesquins gardant bien pour eux leurs petits secrets de fabrication et faisant tout pour se faire remarquer de la façon la plus cabotine qui soit. MAIS PAS A SAINT AIGNAN. A St Aignan, on échange, on partage, on communique. Personne n'hésite à montrer son "petit truc", son savoir faire au quidam qui le lui demande. St Aignan c'est autant le régal des oreilles et du coeur que celui de la connaissance. On ne s'y tire pas dans les pattes…Ce doit être pour ça que l'on s'y sent bien et je n'arrive pas à croire que l'harmonica et l'équipe dirigeante soient étrangers à cette convivialité » ou encore Paul Lassey « J’espère du fond du coeur, comme tous les participants d’ailleurs, que le festival ne s’arrêtera pas là et que la force rejoindra les rangs de l’équipe de Bénévoles qui cette année, plus encore que les autres années, nous ont offert, dans l’adversité, et toujours avec le même indéfectible sourire, l’un des événements mondiaux les plus aboutis concernant l’harmonica. »

  Christophe Minier, annoncera sa décision le 26 Juin pour l’avenir qui ne dépend pas que de lui. Il a déjà annoncé que 2010 sera une année sans, mais après ? Merci d’ailleurs aux bénévoles sans qui rien ne serait possible, à la tête desquels Julien Cormier qui portait la lourde responsabilité du festival 2009 en tant que président d’association… 

Il est désormais temps de penser au festival de Condat sur Vienne, et toucher du bois pour Harmonicas sur Cher !...

Bénévols2009

Sans les bénévoles il n’y a pas de festival…On ne les remerciera jamais assez !

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